Airbus ne partira pas de Toulouse

Publié le par comité 31

 

Thierry Cotelle, adjoint au maire de Toulouse en débat à la Mediathèque José Cabanis de Toulouse / Photo Carré d'Info

 

 


 

Airbus à Toulouse, un clin d’œil de l’Histoire ?

Si Airbus voir officiellement le jour en 1970, l’histoire commune entre les avions et Toulouse démarre dans l’immédiat après-guerre, symbolisée notamment par la première grande aventure que représente la Caravelle. Dans le sillage de l’aéronautique militaire, l’aviation civile se développe et doit en partie sa présence à Toulouse à des clins d’œil de l’histoire. « On m’a toujours dit que si Airbus s’est développé à Toulouse c’est parce que Bordeaux n’en avait pas voulu. C’est vrai ? », a-t-on demandé dans l’assemblée. « Oui, c’est grâce à un choix du maire de Bordeaux de l’époque, Jacques Chaban-Delmas, qui ne voyait pas de débouchés pour l’aéronautique civil et souhaitait plutôt récupérer le militaire et l’entreprise Dassault. Il aurait même dit : Laissons l’aéronautique civil à Toulouse», a rappelé Thierry Cotelle.

Depuis, difficile de dissocier le développement de l’avionneur européen, aujourd’hui filiale d’EADS, de celui de Toulouse et de son agglomération.« Airbus c’est 60.000 emplois en Midi-Pyrénées dont environ 70 à 80% sur Toulouse et son agglomération. Le développement de Toulouse est lié à celui du pôle aéronautique », a redit Thierry Cotelle.

 

« Airbus est déjà une entreprise mondiale. (…) Mais il y a ici des compétences et un savoir faire qui font de Toulouse une évidence. »

 

Toulouse, toujours une évidence pour Airbus ?

Comme nous le disait le professeur d’économie Frédéric Mazaud, avec l’ouverture de sites en Chine et très prochainement aux Etats-Unis, Airbus a de ce point de vue là déjà déménagé. « Airbus est déjà une entreprise mondiale, a confirmé Thierry Cotelle. Elle s’installe dans les pays où existent des marchés et où son taux de pénétration reste encore faible. Mais il y a ici des compétences et un savoir faire qui font de Toulouse une évidence. »

L’importance d’Airbus dans la région et l’agglomération est incontestable. Le pôle aéronautique qui s’est développé reste « très dépendant » de l’avionneur et aurait « du mal à se maintenir » face à une baisse d’activité de ce dernier. « Surtout pour les entreprises qui ont fait le choix du tout aéronautique », a précisé Thierry Cotelle. Selon l’élu, Airbus représente « entre 15 et 20% » du montant de la contribution foncière des entreprises (ex taxe professionnelle) du secteur industriel de l’agglomération.

Dans ces conditions, si les collectivités ne versent aucune aide directe à l’entreprise, elles aident aux développements de ses infrastructures mais aussi à « l’aménagement de la voirie et des transports » aux abords de ses sites. Elles soutiennent également l’institut de recherche technologique (IRT) d’aéronautique qui doit voir le jour à Montaudran pour notamment « aider à inventer l’avion de demain » en réunissant recherches publique et privée.

 

« Tant qu’il y aura du transport aérien, il y aura une activité à Toulouse »

 

L’aéronautique, pas seule à bord

En Midi-Pyrénées, malgré la bonne santé du secteur aéronautique et d’Airbus, ce sont les services qui embauchent le plus. Les deux pôles de compétitivité, moins médiatisés et mis en avant, que sont Agrimip (agro-industrie) et Automotech (automobile) représentent 220.000 emplois pour le premier et 34.000 pour le second quand le secteur spatial par exemple en représente environ 12.000. Si certains sous-traitants de l’avionneur restent très largement tournés vers l’aéronautique « beaucoup d’autres se diversifient et vont vers le spatial ou les systèmes embarqués », estime Thierry Cotelle.

Thierry Cotelle, adjoint au maire de Toulouse en débat à la Mediathèque José Cabanis de Toulouse / Photo Carré d'Info

Thierry Cotelle, adjoint au maire de Toulouse en débat à la Mediathèque José Cabanis de Toulouse / Photo Carré d’Info

 

Qu’entraînerait dans la région une baisse d’activité du secteur ?

« Tant qu’il y aura du transport aérien, il y aura une activité à Toulouse », juge Thierry Cotelle. Frédéric Mazaud, nous décrivait l’organisation pyramidale de la filière aéronautique dans la région dominée par le donneur d’ordre Airbus. S’il venait à déménager, « cela impacterait directement les sous-traitants de premier rang présent dans notre région, mais cela ne changerait quasiment rien pour les sous-traitants de rangs inférieurs qui s’inscrivent désormais dans une concurrence globale et non plus locale ».

Pour l’élu de Toulouse et de l’agglomération, Airbus garde « une technologie d’avance » sur son principal concurrent Boeing qu’elle maintiendra pour le moment à moins « d’une rupture industrielle » du constructeur américain. « La Chine et le Canadien Bombardier tentent de fabriquer un avion pour concurrencer l’A320 mais les coûts sont trop importants pour le moment et il faudra un moment pour qu’ils se hissent au niveau d’Airbus », estime-t-il. Il n’est donc « pas trop inquiet pour les années qui viennent » malgré « un retournement de marché ponctuel » qui peut intervenir.

Pas de scénario catastrophe semblable à l’effondrement d’autres secteurs industriels ailleurs en France comme le secteur minier ou automobile. « Même si l’euro fort pénalise l’industrie française, il n’y pas le même degré de concurrence pour le moment pour Airbus sur les mêmes gammes de produits comme il peut y avoir dans le secteur automobile notamment avec des constructeurs asiatiques », juge Thierry Cotelle.

Pour l’élu, qui ne veut pas croire à la « théorie du vide »,« Airbus ne déménagera pas ».

 


NB : Jean-Louis Chauzy, président du CESER (Conseil économique, social et environnemental régional), annoncé, a eu un empêchement de dernière minute et n’a malheureusement pas pu participer au débat.

 

   

Publié dans à Toulouse

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