Sans critique du capitalisme financier mondialisé, pas de refondation crédible de la gauche !

Publié le par comité 31

Le soutien de l'Europe à la candidature de Dominique Strauss-Kahn conforte l'analyse de JP Chevènement.

Nicolas Sarkozy révélateur de la décomposition intellectuelle du social-libéralisme
  
 On m'interroge souvent, par les temps qui courent, sur la politique « d'ouverture » pratiquée par Nicolas Sarkozy à l'égard de certaines personnalités « de gauche ».

 Si je désapprouve les débauchages intervenus avant les élections législatives, qui visaient clairement à affaiblir la gauche, je modulerai mon jugement au cas par cas s'agissant des nominations auxquelles le nouveau Président de la République a procédé depuis lors et à plus forte raison des missions qu'il a distribuées.

 J'ai déjà dit que le rapport sur la mondialisation confié à Hubert Védrine me paraissait pouvoir éclairer utilement le débat public sur le principal défi auquel la France est confrontée. Pour le reste, le Président de la République est dans son rôle qui est de rassembler, en utilisant de préférence des personnalités compétentes. Les responsables socialistes qui acceptent les charges que Nicolas Sarkozy leur confie révèlent simplement à quel point le social-libéralisme qu'ils professent généralement se distingue peu du libéralisme.

 Nicolas Sarkozy est un révélateur de la décomposition intellectuelle de la superstructure du Parti socialiste. Pour lui résister, il eût fallu que le socialisme restât la critique du capitalisme et que ses chefs y crussent. Dès lors que le capitalisme financier mondialisé est devenu l'horizon intellectuel de beaucoup de responsables socialistes, je ne me sens même pas capable de leur reprocher de tomber du côté où ils penchent.

 Nul ne pourra relever la gauche s'il prétend faire l'économie d'une critique du capitalisme globalisé contemporain, tel qu'il s'est installé depuis que Mme Thatcher et M. Reagan ont pris le pouvoir dans les pays anglo-saxons, au début des années quatre-vingts. Le malheur des temps veut que la gauche française soit elle-même venue « aux affaires » dans ces années-là. Sans une relecture lucide des trois décennies écoulées, et les démissions politiques, intellectuelles et morales qui les ont accompagnées, il n'y aura pas de refondation crédible de la gauche dans notre pays.

Jean-Pierre Chevènement                         09 Juillet 2007

Publié dans Économie et social

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